préparation mariage

La question du contrat de mariage peut paraître compliquée, voire même contraire à l'esprit et à l'essence même du mariage. C'est pourtant un acte essentiel qui va clarifier et décrire la situation matérielle de chacun, tout en prévoyant et en anticipant les événements pouvant intervenir pendant ou après le mariage (faillite d'un des conjoints, divorce?), ainsi que leurs conséquences et implications. A tout le moins, le contrat de mariage a pour mérite de clarifier les situations.
Les différents types de contrats de mariage.
La communauté universelle
Avec l'établissement et la signature d'un contrat de communauté universelle, tous les biens des époux sont mis en commun pendant la vie de couple, à la fois :
| Avantages de ce régime: | Régime le plus simple. Symétrie entre communauté de vie et d'intérêts. |
| Inconvénients de ce régime: | Droits réservataires des enfants du mariage sacrifiés si l'époux survivant dispose des biens Fiscalité alourdie à leur détriment au décès du second conjoint. Irrévocabilité de la clause d'attribution profitant au survivant. |
La communauté réduite aux acquêts
Il s'agit du régime de droit commun qui, depuis le 1er février 1966, s'applique à tous les mariés qui n'ont pas recours à un régime conventionnel. Autrement dit, si vous ne rédigez et ne signez pas de contrat de mariage devant un notaire, c'est automatiquement sous ce régime que vous serez marié.
Il est possible pour les futurs époux de choisir ce régime en l'agrémentant de certaines clauses particulières. Dans ce cas, il leur faudra alors passer devant un notaire et signer un contrat.
Le patrimoine des époux se compose comme suit :
En cas de divorce ou décès, ces " acquêts " feront l'objet d'un partage, quelque soit la participation financière aux investissements.
| Avantages de ce régime: | la mise en place de ce régime " mixte " est automatique et n'occasionne pas de frais |
| Inconvénients de ce régime: | En cas de dettes et en règle générale, les biens du couple sont engagés. |
La participation aux acquêts
La Loi du 13 juillet 1965 a introduit dans notre droit un nouveau régime susceptible de satisfaire ce " désir combiné d'indépendance et de participation aux bénéfices ".
C'est celui de la participation aux acquêts que nos voisins allemands et suisses connaissent bien puisque c'est leur statut légal, c'est à dire celui des époux qui se marient sans faire de contrat. Bien que séduisant dans son principe, ce régime n'a pas connu, dans notre pays, le succès escompté.
Durant le mariage, ce contrat fonctionne comme si les époux étaient séparés de biens. A sa dissolution, par contre, on liquide leurs droits, un peu comme sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. Les époux demeurent personnellement propriétaires des biens qu'ils ont acquis à leur nom au cours du mariage comme de ceux qu'ils possédaient en se mariant ou qu'ils ont recueillis par succession.
En cas de dissolution du contrat (en cas donc de divorce par exemple), on calcule seulement l'enrichissement de chacun en comparant son patrimoine final à celui d'origine. C'est ce que l'on appelle le décompte de la créance de participation. L'enrichissement, s'il en est constaté un, est partagé par moitié entre les deux conjoints. Le déficit éventuel reste à la charge de l'époux concerné.
| Avantages de ce régime: | Avantages pendant le mariage de la séparation de biens sans les inconvénients à la fin du régime. Satisfait le " désir combiné d'indépendance et de participation aux bénéfices ". |
| Inconvénients de ce régime: | Difficultés d'évaluation des patrimoines d'origine à la fin du régime. |
La séparation de biens
Ce régime est basé sur un principe simple et clair. Chacun des époux conserve personnellement ses biens acquis avant le mariage, ainsi que ceux qu'il a reçu par héritage ou donation.
Il n'existe ainsi que deux catégories de biens : ceux du mari et ceux de l'épouse.
Seuls les biens acquis en indivision appartiennent au couple et à la communauté, et ce en proportion du nombre de parts acquises dans l'indivision. Tout ce que chaque époux possédera au jour du mariage, recueillera par succession ou achètera à son nom pendant le mariage lui restera propre. Il aura le droit de le louer, de le donner, de le vendre sans aucune restriction. Une exception, cependant : le logement de la famille qui ne pourra être vendu qu'avec le consentement des deux époux, même s'il appartient en propre à l'un des époux (art. 215 du Code civil).
Au niveau des dettes, chaque conjoint est personnellement responsable des dettes contractées en son nom propre, et corrélativement à l'absence de biens communs, il n'existe pas, sauf exceptions, de " passif commun ". Il est cependant à noter que bons nombre d'établissements financiers, en présence d'un couple sous le régime de séparation de biens, demandent au conjoint sa caution solidaire, engageant ainsi en garantie du prêt consenti le patrimoine de chacun des deux époux.
| Avantages de ce régime: | Simplicité relative de liquidation du régime lors de sa dissolution. |
| Inconvénients de ce régime: | Bénéfices, gains et salaires de l'un des époux ne profitant pas à l'autre. |
Peut - on changer de régime en cours de mariage ?
Le célèbre principe de l'impossibilité de changer de conventions matrimoniales en cours de mariage a été considérablement assoupli par la loi du 13 Juillet 1965.
Il est désormais possible de modifier son régime matrimonial ou même d'en changer complètement pendant le mariage à condition que :
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